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Affichage des articles associés au libellé post-minimaliste

Lunt - Remember We Were Waiting For The Snow (2022)

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Trois ans après le splendide Phantom solids ( en chronique ici ), Gilles Deles-Velins que l'on connait sous le nom de Lunt est de retour avec un nouvel album qui promet de nous serrer le cœur. Remember We Were Waiting For The Snow parle de notre anxiété, de notre inquiétude, notre désolation de voir qu'à cause de nous, la nature part en vrille. Les choses disparaissent. Rappelez-vous que nous attendions la neige, n'oubliez pas qu'aujourd'hui nous attendons la pluie. Plus rien n'est comme avant, plus rien ne sera comme avant et que nous annonce les prochains jours ? J'ai perdu le sentiment d'être joyeux, musique dans les oreilles j'avance, où ? Je ne sais pas mais j'avance. A la recherche de quelque chose, accompagné par cette musique à l'ambiance sous tension mais aux doux reflets mélancoliques. Le premier titre Flakes and feathers long de près de huit minutes, vrille le cœur. C'est beau mais c'est pesant, un malaise s'installe,...

Mark Hollis - s/t

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Dans une sorte de prolongation - réductrice, j'avoue mais gourmande, avouons-le  - de Laughing Stock de Talk Talk, le premier et unique disque solo de Mark Hollis m'avait envoûté au début des années 2000, m'envoûte encore vingt ans plus tard et m'envoûtera dans une autre vie très certainement. Quand le monde est trop pesant, ce disque est un refuge pour m'échapper en musique. Comme un murmure fantomatique qui plane dans la pièce, un chuchotement par-dessus l'épaule, de nuit essentiellement, l'opus éponyme, fragile et jazzy-post-folk de Hollis crée une atmosphère somnolente qui berce, mais trop complexe et imprévisible pour apaiser et faire somnoler. Non, avec ces huit titres là, nous sommes en apesanteur dans de bien belles mélodies silencieuses et une réalisation d'orfèvre qui tiennent en éveil. L'âme en suspension sur le fil brumeux et feutré d'une musique mélancoliquement acoustique, minimaliste. Si proche, au corps à corps. Avec ce disque no...

Ending Satellites - HOME Sessions

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Comme j'aimerais hurler à pleine gorge pour dire que cette musique est magnifique. Même si elle n'est pas encore finie, HOME Sessions sera l'EP le plus marquant de mon année musicale, et aussi celui sur lequel j'ai le moins envie d'écrire parce que j'aime tant l'écouter sans rien faire, le casque sur les oreilles, juste rêver, juste respirer, juste avoir cette sensation d'être léger et ailleurs. Enregistré à la maison lors de la crise sanitaire du coronavirus et de la période de confinement relative, le mini-album HOME sessions paraît entre mars et avril 2020, sous la forme de quatre titres publiés au fil des semaines. Quatre musiques inédites, publiées et mises en vente au profit de la Fondation Abbé Pierre, qui finance la distribution alimentaire aux personnes les plus fragiles et aux sans-abris. Ce nouveau projet d' Ending Satellites est délicieux, un délice vénéneux, du valium en dose musicale qui vous propulse dans les hauteurs. Ve...

Yann Tiersen - ALL (2019)

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Il est des albums grandioses, de ceux qui vous pénètrent, vous mettent à nu et vous font imploser. Ils débarquent comme des bombes silencieuses, bien que vous en connaissez la couleur, vous ont déjà ébloui par tant de beauté. La dernière oeuvre de Yann Tiersen est la vie, il respire la vie. Le chemin est désormais tracé, je peux me laisser porter par son flot. L'atmosphère de ALL est de celles qui vous enserrent totalement, délicieusement. Comme une marée. Une marée de sentiments. Lorsque vient la montée, vous êtes pris au piège. Je suis pris au piège, émerveillé par onze mélodies. Dès le premier morceau Tempelhof , me voilà enveloppé tout entier dans un voile de son, qui m'envahi comme l'air. Puis, la descente. Le retour à la réalité quand l'album se tait. Un choc. Violent. Violemment vivant. J'y retourne. Parce que quand le breton caresse ses notes de pianos, mon esprit est soumis, mes sens sont aiguisés et je suis émotionnellement totalement vulnérable. C...

Max Richter - Memoryhouse

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Pour mieux pénétrer dans les nuits longues et tièdes de l'hiver, entre la fraîcheur extérieur et les chaleurs d'une couette, d'un chat qui ronronne sur les genoux. S'enivrer d'une symphonie bellissime aux heures endormies. Le casque sur les oreilles, les paupières lourdes, c'est l'album qu'il faut.  Calé dans mon fauteuil sans âge, paralysé par le mouvement violent, érotique et majestueux des violons qui prennent le large, engourdi en écoutant ce post-minimaliste allemand, avec des poussées physiques aux allures de rock, comme si je sortais ma tête par la fenêtre ouverte d'un TGV, au ralenti, d'une lenteur gracieuse comme dans un clip de Dolan, et que d'un coup tout s’accélérer, se déchirer dans une excitation sans limite. La nuit, c’est le meilleur moment du monde pour contempler, sans un mot, sans parole, sans toute cette merde qui nous entoure, juste des ondes, des notes, des frissons. Max Richter m'éblouit, me détache du mon...