Marc Nammour & Loïc Lantoine - Fiers et Trembants (2021)
Tony, le
Honnêtement, je n’ai pas vraiment les idées en place pour écrire mon appréciation, car à chaque écoute de cette pépite d'album, j’en sors toujours secoué. Est-ce une mauvaise chose ? Pas du tout ! Ici nous faisons face à un croisement hybride entre chanson française et rap. Une alchimie qui remue les neurones dans le bon sens et qui rallume certaines lumières aux étages. Brillant ! Brulant !
Fiers et Tremblants est comme un genre de virus que tu chopais lors d’un téléchargement un peu louche sur emule (ah la bonne époque). Très fort, très vite, très tout sans être trop -car nous en avons jamais trop- toutes les pistes sont des séances de décapage directement dans la face. L’album est déjà terminé que tu n’as même pas eu le temps de cligner tes pupilles dilatées. Claque après claque ça te prend dans le system et t'a bien du mal à t'en débarrasser après.
Je ne suis pas spécialiste niveau rap même si je ne pense pas écouter de la merde contrairement à mon collègue qui me les brisait l'autre jour avec Naps alors que je tentai de lui faire connaitre Hugo TSR ou le dernier album de Senbeï. Pas les mêmes valeurs mon petit. Bref j'y connais pas grand chose je retourne vite à mes billes après ce genre d'échange puis je dois avouer que je me mêle les chaussettes entre rap, hip-hop, mais je peux affirmer que je kiff le flow de Marc Nammour. Avec Loïc Lantoine, le duo avance en harmonie, synchronisant parfaitement leur domaine de compétence. Réalisation propre pour projet ambitieux. Ce disque est inclassable et sera incassable, il force le respect.
Ici le verbe est choyé, tantôt aérien avec Loïc Lantoine, tantôt impulsif avec Marc Nammour. Ici la poésie est instinctive, entre rap lettré et chanson française engagée. Ici les mélodies sont hypnotiques, organiques, électroniquement palpable. Je les ressens. Je ressens aussi la subtilité qui se dégage des thèmes de l'album. Ici on aborde l'humanité, les marginaux et les laissés-pour-compte, la politique vue de la rue puis la vie qu'on aime à la mort.
Et si Supernova me rend complètement je-ne-sais-quoi, que j'aime monter le volume sur Mélopée et Le visage du clan, que Fiers et Tremblants est une entrée à la matière fracassante et que Dernier vers touche là où ça nous fait aimer la musique, j’ai un petit faible pour le titre phare Les Fauves. Sur celui-ci, le drum saccadé résonne comme une alarme d’urgence dans cette vie, d'où quiconque tenterait de s’échapper.
Je sais d’où je viens jamais où je vais
Je veille au chevet d’un secret qui me plaît
Parlons bien parlons fort parlons court
Et si les fauves menacent mes rêves
J’entretiendrai le feu autour
Une galette qui déménage pas mal où le ratio de punchline et de proses est proportionnel au nombre de caresses à nos tympans. Si ce projet engraissé en vitamines n'est peut-être pas le plus grand album selon les spécialistes du genre, ma petite personne néophyte pense vraiment que Fiers et Tremblants doit s’inscrire logiquement dans la lignée des superbes sorties rap/chanson française de cette année. Grosse claque !
Tracklist 01 - Fiers et tremblants 02 - Mélopée 03 - Les fauves
04 - Le visage du clan 05 - Les gens qui doutent
06 - Fantaisie
07 - Supernova
08 - Gloire aux perdants
09 - Dernier vers
29 octobre 2021 La Canaille / L'autre Distribution
Il y a des choses qui gâtent une journée. Comme celle de découvrir le dernier disque de Bertrand Betsch au fond de sa boîte aux lettres en fait clairement partie. Ceux qui lisent mes billets ici savent à quel point cet artiste compte pour moi et combien sa discographie rythme ce blog depuis quelques années maintenant. Ce rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte tient une fois de plus toutes ses promesses. Ce nouvel album, aux illustrations soignées, dessinées par BB himself sous le travail de Julien Bourgeois à l'artwork, contemple le théâtre des apparences, le poids du passé et la beauté dérisoire de nos illusions avec une lucidité désarmante. Un chef-d'œuvre incisif, sobre, parfois drôle malgré lui, et profondément humain. Ne sachant pas ouvre l'album par une litanie du vide et du manquant, instaurant une atmosphère intime où l'on avance à tâtons. Le titre donne d'emblée le ton. Chez Bertrand Betsch , le doute n'est pas une faiblesse, c'est une métho...
Parce que c'est la plus belle chanson française de tous les temps ? Je crois qu'il n’y a aucune autre chanson qui me serre autant le cœur que Le temps qui reste de Serge Reggiani sur un texte de Jean-Loup Dabadie et une très belle musique d'Alain Goraguer. Je ne l’ai pas choisie parce que la voix fatiguée de son interprète me rappelle celle d'un grand-père que j'aurais aimé connaître, avec qui j'aurais pu découvrir la vie. Je ne l’ai pas non plus choisie parce que choisir Serge Reggiani, c’est choisir l'un des moyens le plus sûr pour éviter les jets de pierres des pédants du monde de la musique. Je l’ai choisie parce que, pour moi, c’est la plus belle chanson française de tous les temps. Et si quelqu’un venait à dire que ce n’est pas le cas, je le prendrais personnellement. C'est une de ces chansons que l’on ne découvre pas par hasard. Pour moi, et comme pour beaucoup de gens j'imagine, c'est par le film Deux jours à tuer avec Albert Dupontel qu...
Rien de ce qu'ils disent sur Bertrand Cantat ne m'intéresse, j'écoute seulement de la musique, le nouveau disque de Détroit et la poésie s'occupe du reste. Ici, le vent est l'hôte. Je n'en finis pas de le voir tourner dans les airs… Tout est rumeur, tout est soupir, mais comme assourdi dans les parages des landes. Puisqu'il s’agit d’un disque délicat, à la fois noise et épuré, centré sur une voix éthérée, soutenue par des mélodies de guitares, une batterie discrète et un souffle électrique enivrant. L’album s’ouvre avec L’Angle . Les sentiments ne sont qu’une question de point de vue. Mon ressenti est enthousiaste. J’essaie de cartographier les images qui s'affichent dans mes pensées face à tous ces différents types de lignes qui traversent le monde, comme les lignes téléphoniques, les lignes de musique, les lignes de métro, la ligne d'horizon et le ballet des nuages, pour m'accrocher, pour ne pas me laisser porter trop loin dans cette poésie. On...
En faisant ma p'tite sélection parmi les plus chouettes nouveautés du moment, je vous invite, tout au long de ce mois de rentrée, à découvrir cette playlist 100% découvertes ! avec Noé Preszow - Agnes Obel - Olivier Triboulois - Sean Solomon - Jean Felzine - Mycatisgreen - Adieu Narcisse - Angus & Julia Stone - Matmatah & Fanny Gillard - Leila Huissoud - Olivier Rocabois - Mégafeu - Gaétant Nonchalant - Bertrand Betsch - IZAE - Louise XIV - Peaches - Bad Bad Bird - Noé Preszow - Varsovie - Cali - Bernard Lavilliers Bernard Lavilliers - Coriace Cali - Allumette Varsovie - Partout les chiens (single) Noé Preszow - Les rues de l'humanité Bad Bad Bird - Fontaine Varia Peaches - You're Alright Louise XIV - Parfum fraise IZAE - Mini Miss Bertrand Betsch - Aparté Bey - La fin du monde Gaétan Nonchalant - Perdu de vue Mégafeu - Les changements Olivier Rocabois - Mutual Admiration Society Leila Huissoud - Monsieur Vignon...
C'est par une agréable pulsion, une envie frénétique de venir partager quelques mots sur cet album qui vient d'être déposé délicatement sur ma platine, que commence cette chronique de Soleil cherche Futur considéré comme l'un des plus grands classiques d' Hubert-Félix Thiéfaine . Nous sommes au début des années 80. Après trois albums à tendance folk, Hubert-Félix Thiéfaine prend un virage clairement rock, d'abord avec Dernières balises avant mutation , et après avec Soleil cherche futur . Un album de mots puissants, empreint d'un désespoir flamboyant, sur un son froid typique du rock des eighties, à coups de batteries lourdes, de basse obsédante et de grosses guitares. Oui, c'est lourd, c'est bon et c'est intense à l'image de " Lorelei Sebasto Cha " et de " Les dingues et les paumés " les hymnes torturés et poétiques de Thiéfaine. Si ma première relation musicale et sensuelle avec HFT fut avec l'album Autorisation de déli...
Commentaires
Enregistrer un commentaire