Articles

Affichage des articles associés au libellé Jazz

Mortelle Randonnée - La reine uphone (2025)

Image
J'aurai pu ne pas aimer cet album, car un seul truc était là pour un dégommage en règle : le jazz. Ce style n’a jamais été vraiment ma tasse de café. Trop insaisissable, peut-être. Pourtant, La reine uphone de Mortelle Randonnée a fait rapidement vaciller mes certitudes. Visuellement d'abord, c'est très artistique et ça réveille ma curiosité. Quelque chose se passe dès les premières notes de Musique mécanique , une brèche s’ouvre, et me voilà emporté dans un territoire inconnu mais étrangement familier. C'est que ce que je croyais "jazz" mijote en fait dans une pop pataphysique à réveiller Alfred Jarry. Cette approche artistique et esthétique qui joue avec de la pop culture, du rock psychédélique, de l'absurde, de l'illusion jusqu'à la dérision commence à me plaire. Grâce au collectif Freddy Morezon "on se promène chez Carla Bley, figure majeure de la musique américaine et pour 2 titres (Ce Maudit Volcan, Tortues) chez et avec sa fille...

Bolbec - Victime de l'aube (2024)

Image
Vu comme ça, il n'y avait rien de spécial qui pouvait me plaire et pourtant, l'album Victime de l'aube de Bolbec m'a véritablement transporté dans une odyssée musicale à travers un paysage sonore très riche et surtout pas mal imagé. Ce projet composé par Axel Concato et Barthélémy Corbelet transpire l'amitié qui se fait ressentir dans chaque note. Dès les premières notes de Rue Nue , je suis plongé dans une atmosphère mystérieuse et limite envoûtante, où les synthétiseurs créent une ambiance presque surnaturelle. Ce premier morceau pour me donner goût, me rappelle le plaisir d'avoir la tête sous l'eau à la piscine, une de mes nombreuses façons de me couper du monde extérieur. Après, chaque titre de l'album est une exploration unique des émotions et des sensations évoquées par l'aube, par le début du jour, ce moment magique où la nuit cède la place à la clarté. Un nouveau monde.  Les rythmes jazz enjoués, les flûtes, tout ça ce n'est pas souvent...

Mark Hollis - s/t

Image
Dans une sorte de prolongation - réductrice, j'avoue mais gourmande, avouons-le  - de Laughing Stock de Talk Talk, le premier et unique disque solo de Mark Hollis m'avait envoûté au début des années 2000, m'envoûte encore vingt ans plus tard et m'envoûtera dans une autre vie très certainement. Quand le monde est trop pesant, ce disque est un refuge pour m'échapper en musique. Comme un murmure fantomatique qui plane dans la pièce, un chuchotement par-dessus l'épaule, de nuit essentiellement, l'opus éponyme, fragile et jazzy-post-folk de Hollis crée une atmosphère somnolente qui berce, mais trop complexe et imprévisible pour apaiser et faire somnoler. Non, avec ces huit titres là, nous sommes en apesanteur dans de bien belles mélodies silencieuses et une réalisation d'orfèvre qui tiennent en éveil. L'âme en suspension sur le fil brumeux et feutré d'une musique mélancoliquement acoustique, minimaliste. Si proche, au corps à corps. Avec ce disque no...

Nilok4tet & Daniel Zimmermann - A Wonder plane to...

Image
Je découvre A Wonder plane to ... Je me laisse emporter par un style qui est pour moi quasiment étranger et qui a du mal a percer l'imperméabilité de ma carcasse musicale, tout jazz grandiose soit-il. Je vais pourtant suivre Nilok4tet & Daniel Zimmermann en terres inconnues, bandeau sur les yeux, je suis ouvert, quand on m'invite, j'y vais. Je vais quand même vous avouer que le jazz n'est pas trop ma tasse de thé. Un petit peu, à petite dose. Surtout dans un bain, petites lumières, en écoutant FIP. C'est surtout avec cette radio que j'en écoute, à petite dose donc. C'est pas que j'aime pas, mais c'est que souvent, les solos trop longs ça me gonfle. Comme le biniou. Ouais c'est sympa, mais si j'en écoute pendant deux heures d'affilés, j'étrangle quelqu'un à coup sûr. Même si je suis breton. Donc je ne suis pas jazz. Enfin pas trop. J'ai commencé à m'approcher de ce style il y a quelques années grâce à un album g...

Sarah Lancman & Giovanni Mirabassi - Intermezzo

Image
07 juin | Jazz Eleven |  www.sarahlancman.com Sarah Lancman et Giovanni Mirabassi reviennent avec le nouvel album « INTERMEZZO », un duo tout en intimité autour d’un répertoire de vieilles chansons italiennes. D’Estate à Senza Fine, laissez vous transporter le temps d’un concert dans un espace poétique, hors du temps ! En invité spécial, le saxophoniste Olivier Bogé se joint au duo sur quatre titres de l'album. « Un timbre aux graves envoûtants, une retenue nimbée de mystères, un charme jamais appuyé et qui évite toute vulgarité : Sarah Lancman possède bien des qualités. Il faut découvrir ses compositions intimistes bénéficiant du toucher délicat du pianiste Giovanni Mirabassi (…) » TÉLÉRAMA « Dans le jeu du pianiste Giovanni Mirabassi, il y a du contrepoint, de l’ornementation, un toucher au détaché précieux (…) Elle, Sarah Lancman, du velours dans la voix, le souffle des grandes, la respiration juste des mots et des intentions. » André Manoukian – FRANCE INTER ...

Ibrahim Maalouf - Levantine Symphony No. 1

Image
Dès les premières notes, Levantine Symphony No. 1 parle de lui-même. Ce nouvel album de Maalouf ressemble à ce que Ibrahim fait de mieux. Un jazz abondant d'idées, un voyage sans frontières, une invitation a aimer la musique... Dans des fusions de différents courants musicaux, du jazz en passant par le classique, avec des vagues d'électro, pop, oriental, lounge, rock, world, Levantine Symphonie No.1 reflète dans un contraste d'élan nerveux et romantique, les sentiments et les instincts palpables de notre époque. En à peine quelques notes dès le Prélude , ce mélange de piano et de chœurs d'enfants, la voie est tracée. L'essence même de l'album est déjà contenue dans cette introduction. Parce que l'ensemble des titres suivants découle du même enthousiasme. Je pourrais y coller le slogan de FIP à la sauce du moment où j'écoute l'album :  respirez, vous écoutez Ibrahim Maalouf ... Puis vient l' Ouverture , et l'artiste entre en scèn...

Hugh Coltman - Who's Happy

Image
L'ancien chanteur du groupe The Hoax, lauréat de la “Voix de l’année” par les Victoires du Jazz 2017 vient de revenir avec un quatrième album Who's Happy ? À la question, je réponds : moi. Parce qu'effectivement sa voix, c'est du coton anglo-saxon qui glisse parfaitement sur ce jazz de fin de journée, ou de dimanche paisible. Moi, j'aime bien, parce que dès le premier morceau Civvy Street , la sonorité me renvoie à Pink Martini qui excelle également dans ce jazz latino, dansant et chaleureux. Belle entrée en scène pour l'album, et ça se poursuit avec l'enflammé Sugar Coated Pill qui me fait traverser l'atlantique direction la Nouvelle-Orléans. Plaisir. Des cuivres gorgés de soul, des guitares mêlant tous les blues et tous les folk, Hugh Coltman n'aime probablement pas s'enfermer dans un style. Il fait honneur à ce jazz sans frontière, riche et passionnant. Il me rappelle également un autre Hugh qui, loin de sa carrière de comédien, est un fer...

Marc Sarrazy / Laurent Rochelle - Chansons pour l'oreille gauche

Image
Encore un album qui me tire vers le jazz, et ce n'est pas pour me déplaire. Portée par le saxophone de Laurent Rochelle , hantée par le piano de Marc Sarrazy , cette embarcation, souvent nocturne, prend des allures de somnolence.  Pas que ça soit mou, au contraire, mais la musique du duo crée en moi une somnolence qui m'enveloppe dans un état spectateur et admiratif. Spectateur d'un monde imaginaire que je vois défiler dans ma tête au fur et à mesure que les titres s’enchaînent. Voilà tout l'art d'une musique qui raconte ce que l'auditeur s'invente. Complexe mais pas tellement. On embarque ou pas, tout dépend de l'attitude du moment où l'album se glisse dans le lecteur. Après l'altitude fait tout le reste. L'univers des artistes Sarrazy et Rochelle est un mélange entre ceux de Satie et Debuchy, fait de références à Bartók ( Bartók à la fenêtre ), à Ravel ( Maclom Malkovich ), à Volodine ( Paysage avant pendaison ), à Marguerite Duras ( L...

Cécile McLorin Salvant - Dreams and Daggers

Image
Fin de journée d'automne, humeur maussade. Tu pars du travail fatigué, tu comates dans le métro, dehors il pleut alors tu te dépêches de rentrer chez toi à pas de courses. Tu jettes tes habits partout à travers la pièce, tu te fais couler un bain, tu te mets l'album de Cécile McLorin Salvant , tu éteins les lumières, tu allumes une bougie. Et voilà, le bonheur. La franco-américaine nous livre un double album live en hommage aux grandes voix féminines du jazz. À travers ce disque lumineux, c'est le cas de le dire avec sa pochette très artistique, Cécile McLorin Salvant plonge l’auditeur dans une introspection profonde qui regorge de pépites d’or auditives. De sa voix douce qui fait bercer tous les maux de l’âme. Le piano guide la voix. La voix enlace le piano. En plus d’être orné par un naturel étonnant, il va sans dire que la production musicale y est pour beaucoup et demeure impeccable en matière de minimaliste. Dreams and Daggers est un travail intime comme il ...

Tony Allen - The Source

Image
Cette semaine, Break musical fait sa rentrée niveau chronique, et je dois l'avouer j'ai un peu de mal à m'y remettre. Par contre les artistes ne chômes pas. Je dois bien avoir huit-neuf albums reçus ces derniers jours qui traîne encore dans leur emballage par faute de motivation mais aussi par celle de Tony Allen , qui, avec son nouvel album, occupe mon quotidien sonore du moment. Ni la rentrée, ni le temps ne m'aident. En rentrant du boulot, je balance les pompes et je m'affale dans le canapé pour un décollage relaxant dès  The Source de Tony Allen se lance dans mon lecteur CD. Ce mec est un génie, l'un des plus grands percussionnistes de l'histoire de la musique jazz actuelle. Enfin, j'y connais quasiment que dalle sauf que j'aime bien écouter les émissions jazz de FIP. et lui, je l'ai souvent entendu sur la bande FM de la meilleure radio du monde. Alors quand j'ai reçu l'album j'étais content. Ce douzième album de l’ex-batt...

Fanny Roz - Grand Décor

Image
Ah Fanny Roz , j'aime beaucoup ! Je ne connaissais pas du tout, et dès la première écoute des références m'éclaboussent les oreilles. Le grain de folie d'une Olivia Ruiz, l’envoûtement D'une Emily Loizeau, le swing de Caravan Palace, l'atmosphère des triplettes de Belleville chanté par M. Sans retenue donc, je plonge facilement dans ce Grand Décor ... Fanny Roz est une fille du sud qui se respecte. Comme les filles de là-bas, elle a ce petit truc dans le sang qui l'a rend si particulière. Cette fougue, cette gaieté qui nous embarque sans sourciller dans ces histoires qui pourraient être les nôtres. Et quand sa voix superbe part danser sur des mélodies qui bouillent au soleil, c'est tout mon corps qui vibre de chaleur. Son goût pour les rythmes colorés, elle les doit aussi bien à ses études de musicologie jazz qu’à ses voyages dans toute la France, au Portugal, au Chili et en Espagne, Barcelone l’ayant d’ailleurs adoptée quelques années. C'est ainsi q...

Guillaume Perret - Free

Image
J'ai fait la grimace en voyant la pochette. Depuis longtemps j'associe le saxophone comme un instrument kitch malheureusement trop marqué années 90. Moi, les solos ça me sort par le nez. Par exemple, dans Joe le taxi c'est une terrible torture pour mes oreilles. Bref je m'égare. J'ai glissé l'album dans le lecteur, et j'ai soudain arrêté de faire la grimace. J'ai arrêté de faire la grimace lorsque j'ai reçu ma première claque dans la tronche. Frappé d'entrée par un son mélangeant sonorité jazz et electro, par une ambiance solaire et psychédélique. Hypnotisé littéralement par un véritable ovni musical.  Après diverses collaborations avec The Electric Epic, Guillaume Perret revient avec un album solo intitulé Free dont   l'univers musical n'a de cesse de me surprendre de titre en titre, de m'emporter par une rythmique, un riff de guitare, une énergie contagieuse. L'ambiance est parfois rêveuse, parfois gaie, parfois nostalgique. ...

Ibrahim Maalouf - 10 ans de live !

Image
La journée est entièrement consumée, je fume la nuit, mon cœur est à demi endormi, les paupières lourdes, une fine lumière résiste, une lueur, la musique résonne. J'avance au son d'une trompette sur un chemin reliant deux mondes. Ou une passerelle survolant dix ans de concerts. Doucement le public se lèvent, les lumières s'éteignent, les premières notes arrivent. Le maestro s'avance, sa présence qui nous aveuglent, les premiers soufflent qui nous emportent, une mélodie, un piano... Me voilà suspendu en apesanteur dès le premier morceau Red & Black Light , propulsé dans une riche rétrospective. Et l'auditeur que je suis se mets aussi à planer, comme le public, chœur d'un soir, d'un morceau, à la demande d' Ibrahim Maalouf . Trip mélodique, chaudement émotif, les notes de la trompette ricochent sur nos âmes, des airs aériens flirtent avec le contour de nos émotions. Calmement bercé par les assauts répétés d'un génie incroyable, au milieu duque...

Seldom Colin - The Romantic Egotist

Image
Quel est le secret de Seldom Colin pour réussir à nous balancer du génie en continu en seulement huit pistes ? Un vrai laboratoire musical où toutes mélodies s'expérimentent sans frontières, où les mélodies sont en gestation et où le genre lui-même n'existe plus. Cet album me titille depuis plusieurs quelques jours, me hante, je ne peux lui résister. Personne ne pourra lui résister. Et je ne résiste pas à l'envi de l'écouter en boucle ce disque. Pendant une heure, deux heures, trois heures. Car The Romantic Egotist est fascinant avec sa production soignée, attirant avec son allure artistique fringante.  Silhouette , en duo avec Marion Mayer, se charge d'ouvrir avec élégance ce premier contact. Premier album, premier titre, première écoute. J'ai pas mis deux jours à comprendre que j'avais dans les oreilles le résultat d'un incroyable travail. Huit titres et cinq collaborations. L'auteur, compositeur et interprète âgé de 30 ans dévoile un premier alb...

Christine Ott - Only Silence Remains

Image
Noyé dans une terrible et belle mélancolie, touché en plein cœur, faut pas me faire découvrir des choses pareilles... Avec Christine Ott  c’est plus facile de rêver, surtout emporté par un piano, arme destructive pour hypersensible. Un violon en plus, pour des pluies de frissons garantis. Il pleut des notes, le vent se lève, une tempête symphonique s'approche. Non pas celle qui dévaste tout et entache la vie de désolations et de tristesses. Non, plutôt une tempête symphonique qui fait souffler dans nos oreilles des promesses de rêves, d'envies. Des silences hypnotiques à coups d'ondes Martenot. La pianiste fait un détour dans sa carrière légendaire faite de collaborations notamment pour  Yann Tiersen, Dominique A, Jonny Greenwood, Stuart Staples, Tindersticks, Têtes Raides, Noir Désir, Loic Lantoine, Radiohead...   Pour revenir avec un second album Only Silence Remains , sept ans après son premier disque Solitude Nomade, qui dès le visuel de la pochette promet un en...

Ibrahim Maalouf - Kalthoum / Red & Black Light

Image
Dans mon expérience musicale, Ibrahim Maalouf fut une découverte existentielle. Cette trompette qui parle, cette absence de mot pour une meilleure thérapie vers l'évasion, vers la poésie, offrant une musique qui caresse l'imagination. Lorsque l'artiste pose ses lèvres sur sa trompette, c'est un apaisement total, une ouverture d'esprit incontrôlable, une définition parfaite du mot chef d'oeuvre, du classique contemporain paradisiaque qui donne de l'altitude. La première fois que je l'ai entendu, c'était en découvrant le titre Beirut . Il était deux heures du matin et j'ai pleuré, c'était si... Un an après Au pays d'Alice en projet avec Oxmo Puccino ,  Maalouf  sort simultanément deux albums. Dès l'annonce de cet événement, les envies sont vite déployées par l'idée intime d'un horizon délicieux. Envie de nouveautés, envie d'écouter, envie de voyager, envie de s'envoler, envie de tenir ces deux objets dans les ...

The Sond of Yves

Image
Une musique de nuit, une musique pour faire l'amour, une musique pour aimer la vie. Voici ce à quoi fait penser la fragilité qui se dégage de ce jazz-rock magnétique, enveloppé par une voix puissante. Depuis quelques nuits, j'écoute le premier album de Yves, intimement. Un peu amoureusement. Le groupe américain de Seattle composé de Susie Philipsen , Tyler Potts , Julia Khorsand & Joe Slaby souffle un vent de douceur au-dessus de l'horizon jazz aux allures un brin pop, un brin rock. Véritable hymne aux grands espaces et à la rêverie, The Sound of Yves est un album aérien, paradisiaque, qui nous tient debout sans qu'on puisse toucher le sol. On est bien. Tellement bien. Le charme de cet album se trouve dans sa tranquillité, dans ces espaces immenses évoqués par les échos d'une voix cristalline. Des ballades pour mettre en valeur un instrument, une ligne de chant, où les textes des chansons jouent avec les sonorités, laissant a...